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Les Leica M

Sommaire

L’appareil

Le M7

Côté cailloux


Appareil pour photographie ordinaire

…mais appareil photo pour photographe quand-même.

Un appareil comme le M7, aussi simple et pratique soit-il, est déconseillé si vous consommez 3 films par an (trilogie classique : le mariage du cousin Alfred, les vacances à la mer, l’arbre de Noël). À chaque fois il faudra réapprendre à mettre la pellicule.

Une pratique régulière est requise pour sentir les avantages du viseur clair et son télémètre. Mais alors, quel régal !

Inapproprié pour certaines applications :

Publicitaires, illustrateurs de luxueux catalogues ou de merveilleux calendriers suisses, architectes d’intérieur ou extérieur :
Le M n’a jamais prétendu être le meilleur choix pour la prise-de-vue sur trépied (pourtant, hormis l’absence de retardateur, un Leica offre tout ce qu’il faut pour les poses longues, cf par exemple la page sur le M7).
Utilisateurs d’optiques bizarres ou énormes, et autres spécialités :
Photographes de sport, animaliers et autres naturalistes, microphotographes, hommes-grenouilles etc… Pour ceux-là, voir du côté des reflex ou mirrorless.
Photographes de presse toujours pressés…
…par la rédaction : aujourd’hui condamnés au numérique (mais ceci a été écrit avant l’apparition du M8 et la suite).
Peu apte à la photo familiale
L’utilisateur occasionnel d’un M doit être dûment briefé sur le rôle des cadres qu’il voit dans le viseur, il faudra lui imposer fermement l’emplacement d’où il doit vous photographier, (encore faudra-t-il qu’il ne touche pas la bague de mise-au-point). Rien d’étonnant que les Leicaïstes aient l’air mélancolique quand ils se font photographier avec leur propre appareil.

Pour résumer, ce type d’appareil ne convient pas à l’utilisation de longues focales, pour des sujets très mobiles, ou si une haute précision de cadrage est requise. Pour les travaux macro il faudra chercher autre chose ; on devra évidemment renoncer à l’usage de zooms.

Le Leica M est là pour tout le reste

Pour faire des photos de sujets courants, avec un objectif de focale normale
…il est l’infatigable outil, la bonne chignole qui suffit au bon ouvrier.
Pour photographier encore quand rien ne va plus :
faire simplement des images, à la nuit tombée, à contre-jour, au 1/8e de seconde, dans une bousculade ou en portant des gants par moins dix degrés…
Voyager, flâner, déclencher…
…sans bruit, sans flash [1], sans « sacoche de plombier », sans batterie à recharger chaque soir, sans manuel de 250 pages…
Dans une salle de concert, de conférence ou au théatre,
sans s’attirer les foudres du chef ou du public.

Pour faire simplement de bonnes photos


La voie de la sérénité

Dès qu’on utilise un M on devient insensible aux sirènes de la publicité et inaccessible aux pièges du marketing. Finie l’angoisse sourde du malheureux… disons consommateur, qui vient de s’offrir un beau matériel plastifié et dernier cri, et redoute — avec quelque raison — que déjà sorte des chaînes le modèle censé le détrôner.

Choisir le Leica M, c'est revenir aux fondamentaux. Il possède tout ce qui est nécessaire et suffisant : le plus clair viseur possible et les quelques commandes (qui tombent parfaitement sous la main) utiles pour…

Les programmes et automatismes des appareils qui se veulent modernes sont autant de détours qui reviennent en fin de compte à déterminer strictement les mêmes paramètres et actions.


Dynastie des M

Les Leica à monture d’objectif à baïonnette M succédèrent à partir de 1954 aux excellents Leica à monture vissante M39 (1930-1960).

Argentiques

M3 (1954-1966)
Baïonnette remplaçant la monture vissante M39 ; fameux viseur x0.91 toujours apprécié avec cadres pour objectifs de 50 et 90 mm.
M2 (1958-1967)
Moins onéreux que le M3 et viseur avec cadre pour l'objectif de 35 mm (focale utile aux reporters).
M1 (1959-1964)
Version « économique », viseur sans télémètre (cadres 35 et 50 mm). Pour objectifs très-grand-angle ou utilisation avec chambre reflex accessoire Visoflex (pour téléobjectifs ou microscopie et autres applications techniques).
M4 (1967-1975)
Un nouveau M plus pratique : viseur x0.72, levier d'armement, manivelle de rembobinage, chargement du film, cadres de visée 35/50/90/135 mm.
M5 (1971-1975)
Apparition d'un posemètre. Appareil semi-automatique, plus volumineux et relativement fragile. Echec commercial.
M4-2 (1977-1980)
Version modifiée du M4 (moins cher : utilisation d'acier au lieu de laiton, pas de retardateur).
M4-P (1980-1986)
Apparition des cadres pour objectifs 28 et 75 mm dans le viseur.
M6 (1984-1998)
Appareil semi-automatique (réussi, contrairement au M5).
M6-TTL (1998-2002)
Ajout de la fonction automatisme TTL au flash.
M7 (2002-2018)
Appareil pouvant fonctionner en automatisme priorité à l’ouverture ; piles obligatoires (sauf 1/60 et 1/125s). Codage DX pour lecture automatique de la sensibilité du film.
MP (2003)
Un M6 TTL revu et corrigé, reconnaissable au bouton de rembobinage en place de la manivelle. Obturateur fonctionnant sans pile, semi-automatique.
M-A (2014), M typ 127
L’ultime argentique, quasi-intégriste. Le comble du dépouillement : un MP sans la cellule. Fixation possible d’un Leicameter.

Numériques

M8 (2006-2009)
Premier M numérique, capteur CCD 10,3 MPix sans filtre passe-bas anti-aliasing. Format 18x27 (facteur 1,33 par rapport au 24x36), viseur x0,68, cadres pour 24/35, 28/90, 50/75, obturateur 1/8000e. Des problèmes de sensibilité indésirable aux ultra-violets.
M8-2 (2008-2009)
Obturateur « limité » au 1/4000e mais moins bruyant.
M9 (2009-2012)
Appareil numérique « full frame » (24x36), CCD 18 MPix, viseur x0,68.
M9-P (2011-2012)
Améliorations de détails.
MM Monochrom (2012-2014) M typ 230
Le M9-P sans le filtre/matrice de Bayer qui sépare les couleurs devant le capteur. Censé utilisable jusqu’à 10.000 ISO (minimum 320). La résolution équivaut au moins à celle d’un capteur couleur 24 MPix.
M-E (2012) M typ 220
Evolution du M9-P. La prise USB passe dans le grip optionnel.
M (2013) M typ 240
24 MPix, passage au capteur CMOS autorisant video (micro optionnel) ; et encore Live View (+ focus peaking) via un viseur optionnel. Boîtier “tropicalisé”, adaptateur pour les objectifs Leica R (reflex), amélioration importante de la qualité d’image en hautes sensibilités (6400 ISO). Apparition de la mesure matricielle de la lumière. Une poignée accessoire (grip) reçoit le connecteur USB, GPS, alimentation et prises de synchro flash. Pas de sélecteur de cadre : il s’affiche par diodes dans le viseur (héritage de la série spéciale et luxueuse des M9 Titanium), d’où disparition de la fenêtre centrale d’illumination.
M-P (2014) M typ 240P
Evolution du M240 : buffer doublé (2 Go), verre saphir pour l’écran, sélecteur manuel de cadre, esthétique modifiée (plus discret).
MM v.2 (2015) : M Monochrom Type 246
Le MM avec capteur CMOS. Images encore plus détaillées, remarquable absence de bruit à des sensibilités très élevées. Nous laisserons les fanatiques du noir-et-blanc discuter les mérites respectifs des fichiers fournis par le CMOS et ceux du CCD.
M-D Type 262 (annonce novembre 2015)
CMOS 24 Mpx. Un M plus compact, plus silencieux. Sans video ni Live View mais au prix relativement étudié…
M10 Type 270 (annonce janvier 2017)
Retour au numérotage (le vrai M10 était le M type 240). Nouveau capteur toujours 24 Mpx, sans filtre passe-bas, processeur Maestro plus puissant. Pas de video. LiveView et Wifi intégrés. Viseur télémétrique amélioré : grossissement à présent 0.73x ; champ étendu de 30% ; distance pupillaire augmentée de 50%, ce qui devient confortable. Quelques millimètres gagnés en épaisseur. Ergonomie modifiée dans le sens de la simplification. Pour bénéficier du GPS, il faut ajouter le nouveau viseur annexe. Possibilité de personnalisation « à la carte ».

Notes

Cre : 03 dec 2005 - Maj : 25 sep 2019

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Cre : 03 dec 2005 - Maj : 25 sep 2019