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Le navigateur LYNX (suite)

Pourquoi un navigateur texte ?

Un navigateur performant :

Un browser comme Lynx occupe peu de place en mémoire, et est très rapidite puisqu’il ne charge aucune image ou autre accessoire multimedia, et donc aucune des fioritures dont la circulation encombre le Réseau. Lynx convient donc particulièrement bien pour consulter les sites de pure documentation. On peut l’utiliser aussi en local, pour parcourir les répertoires de son propre système [1].

Tout ceci n’empêche que Lynx donne le moyen de voir les images ; on pourra les afficher dans le programme de son choix ou les copier à un emplacement quelconque. A fortiori celà s’applique à tous types de fichiers qui font l’objet d’un lien sur la page : comme c’est devenu la règle de communiquer des documents PDF, on pourra les faire apparaître dans Adobe ou Foxit Reader pour ne citer qu’eux ; de même que les fichiers .xls pourront apparaître dans Excel, etc. Cf infra Configuration avancée.

Il va de soi que l’utilisateur de Lynx est immunisé contre l’apparition des pop-ups et autres bannières publicitaires ; ce qui ne l’empêche pas de recevoir les cookies et de pouvoir les gérer comme il l’entend. L’utilisation des formulaires ne cause aucun souci à Lynx. Ajoutons que les versions de LYNX couramment disponibles sont compilées avec le support du protocole https (connexions sécurisées par SSL).

Entre autres raffinements, Lynx affiche et supporte les possibilités des balises LINK contenues dans l’entête d’une page html, négligées par beaucoup de ses homologues graphiques. Par exemple : référence à l’auteur ; pages index, de retour, suivante ; "appendix" ; glossaire (voir annexe D). Lynx est finalement plus qu’un simple afficheur de pages html. Citons l’option -traversal qui en fait un véritable robot apte à explorer l’arborescence d’un site internet et à en récupérer une copie des pages et la nomenclature des liens ; là encore à une vitesse surprenante.

Un moyen de test :

Test des sites conçus pour le Web :
* Esprit du net : Si on met des informations sur le WWW, c’est pour être lu par tous les postes connectés sur la planète. Or rien n’oblige à ce qu’ils utilisent le système d’exploitation vendu dans nos supermarchés, muni du navigateur à la mode avec ses derniers plug’ins. Si un site est au moins exploitable avec Lynx, alors il est certain que les postes utilisés au fond de la Sierra Leone pourront en faire autant.
* Google is god : il est une puissance qui parcourt jour et nuit la Grande Toile : Google.com. Cette nuit peut-être, votre site a reçu sa visite et se trouve à présent référencé. Mais Google est aveugle et interprète le code de vos pages sans s’occuper de leur joliesse, de leurs qualités typographiques ni de l’intérêt des illustrations. Google se comporte comme un interpréteur d’écran braille et s’en tient aux textes pour élaborer son colossal catalogue. En définitive, Google voit votre site comme vous le voyez avec un navigateur-ligne. Or donc, si vous tenez à être référencé en bonne place par le plus fameux des moteurs de recherche (et par beaucoup d’autres également), ne dédaignez surtout pas Lynx, car sous cet aspect c’est le premier moyen de test et non pas le complément pour parachever le travail prôné par quelques webmestres pinailleurs.
Test d’accessibilité aux personnes souffrant de handicaps :
Si vous étiez architecte, interdiriez-vous l’entrée de vos édifices aux aveugles et paralytiques ? L’accessibilité des moyens informatiques aux handicapés devrait toujours être prise en compte. Créer un site Web accessible peut apparaître comme une tâche ardue, mais c’est surtout parce qu’on commence à s’y intéresser quand on en est à la 250e page html. Pour se conformer aux recommandations sur le sujet, le B.A.-BA est simplement de construire des pages pleinement utilisables par Lynx. Ce dernier est souvent cité comme un standard dans ce domaine, voire utilisé comme support par des interfaces pour handicapés.
Test d’interopérabilité :
L’avenir est aux sources de données organisées pour la lecture et l’échange d’informations par des moyens automatiques aussi bien qu’humains. A cet égard, Lynx donne une petite idée des difficultés pour trouver des données textuelles pertinentes qu’éprouvera par exemple un moteur de recherche en parcourant certains sites, dans lesquels l’effort est porté uniquement sur le côté spectaculaire (en supposant que la soi-disant page d’accueil puisse être franchie) . [2]
Un palliatif classique est de mettre une page « Plan du site » (Site Map), ce lien qu’on trouve sur plus d’une Home Page. Le Plan du Site se borne généralement à une liste hiérarchisée des subdivisions et des titres du site, en somme une vulgaire table des matières, moyen médiocre de trouver ce qu’on cherche mais utile pour orienter les “crawlers” automatiques. Il est plaisant de constater cet effort systématique pour ajouter des informations redondantes : comme une reconnaissance qu’il y a une façon plus naturelle de faire, hommage du Vice à la Vertu [3] en somme.
Il existe des sites Internet qui offrent une “version texte”. D’autres sont conçus nativement pour une lecture en mode texte. Citons (quoique cela puisse varier avec le temps) : l’ONU [http://www.un.org/french/fretxt.shtml] , le New York Times [http://www.nytimes.com/ref/membercenter/textversion.html] ou la BBC en low Graphics [http://news.bbc.co.uk/text_only.stm] . On observera qu’offrir en option une version texte n’est pas une nécessité : sans effort particulier, la version graphique peut être fort présentable telle quelle [4]

En relation avec les problèmes d’accessibilité ainsi que pour des raisons naturelles de standardisation (ce dernier point lui-même lié à la nécessité d’échapper aux risques que créerait le monopole d’un unique fournisseur mondial), de plus en plus d’Etats, de collectivités et de groupes économiques imposent ou recommandent, ou encore établissent à leur propre usage, des règles de “bonnes pratiques” sous forme de chartes, normes ou textes impératifs (voir la section “ressources”). Sur les pages qui y sont consacrées, on remarque que Lynx fait très souvent partie de la panoplie des références. Raison de plus pour l’inclure dans la trousse à outils du développeur web.

Des traitements Web automatisables :

Il est absurde de devoir s’installer périodiquement au clavier pour récupérer telle ou telle information (cours de la bourse, prévision météo, weblog…), alors qu’un ordinateur est conçu pour faire celà tout seul. Puisqu’il se fait en ligne de commande, le lancement de Lynx peut être inclu dans un programme (script, batch ou autre train de commandes) ; et s’agissant de texte pur, la sortie peut être dirigée vers un fichier au lieu d’être affichée à l’écran, ce qui autorise ensuite toutes sortes de traîtements. Lynx permet ce genre de réalisation sans devoir être un as de la programmation. Voir plus bas “Paramètres et lancement de Lynx en ligne de commande”.

Une sécurité renforcée :

Une raison supplémentaire à la rapidité de Lynx est qu’il n’exécute pas les éventuels scripts ou applets inclus dans les pages, ce qui, en même temps, élimine le danger de voir l’un d’entre eux porter préjudice au système ou aux données contenues par l’ordinateur. Certains conseillent de modifier les paramètres de son navigateur pour empêcher l’exécution de tous ces programmes.

La question devient brûlante sous le très répandu système Windows de Microsoft. Parmi d’autres éléments dangereux il faut citer les “Contrôles ActiveX”, une invention de Microsoft qui du départ a excité l’imagination de nombreux concepteurs de virus informatiques. De plus, par facilité, la plupart des utilisateurs se contentent du navigateur Internet Explorer fourni d’origine, avec ses failles de sécurité régulièrement publiées : on ne saurait trop leur conseiller d’adopter un navigateur alternatif, et Lynx mérite évidemment ce label. Etant placé sous la licence GNU-GPL, les sources du programme sont accessibles à tous. C’est la vraie garantie que les anomalies puissent être rapidement détectées et corrigées ; qu’aucun spyware (logiciel espion) ne transmettra abusivement des informations trouvées sur votre disque ; et qu’aucune backdoor (porte dérobée) ou autre possibilité de connexion scélérate ne soit dissimulée par l’auteur.


Notes

Cre : 08 jan 2004 - Maj : 21 fev 2013

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Gen : 21/04/2017-13:55:58,82